10/06/09
intervieuws divers
jonathan jaquet,
le judo suisse lorgne les JO

Pierre Ochsner (à g.) et Jonathan Jaquet
A 21ans, il fait figure de grand espoir du judo suisse. Et c’est désormais sur ses terres, à Genève, qu’il affûte ses armes.
Après avoir brillé chez les juniors (champion de Suisse des moins de 90 kilos), il va se frotter cette année à l’élite en disputant ses premiers tournois de Coupe du monde. Champion lucide et ambitieux, il a dans un coin de sa tête les Jeux de Londres (2012).
Jonathan Jaquet, vous avez quitté le club de Morges pour venir à Genève, pourquoi?
Le
Judo Club des Eaux-Vives m’offre des conditions financières plus
intéressantes. C’est capital quand on sait que la saison d’un judoka de
l’élite coûte plus de 50 000 francs. C’est aussi un point de départ
pour toutes mes compétitions, comme des starting-blocks avant les
tournois.
Le prochain départ, c’est pour aller où?
Je pars
à Barcelone du 16 au 23 juillet, pour une semaine complète sur les
tatamis. Aller à l’étranger est essentiel, l’encadrement en Suisse
étant catastrophique.
Vous êtes ambitieux…
Oui. J’ai beaucoup à
apprendre mais j’ai de grandes ambitions. Avoir intégré l’élite est
déjà un bond de géant qui m’ouvre de nouvelles perspectives. Je vais
disputer un important tournoi de Coupe du monde à Birmingham en
septembre prochain.
Vos principales qualités?
Je n’ai pas une très grande explosivité. Mais je peux compter sur mon endurance et ma stabilité.
Si vous aviez un modèle…
Teddy Riner (ndlr:
champion du monde français). J’ai beaucoup d’admiration pour lui, il
est très accessible. J’ai pu rencontrer sa mère, qui m’a donné une
anecdote sympa: bébé, son frère trouvait qu’il ressemblait à un ourson;
le prénom Teddy vient de là!
Pour rejoindre les grands, à quels sacrifices devez-vous consentir?
Je m’entraîne 15 à 20heures par semaine. A l’approche de grands rendez-vous, la préparation s’intensifie.
La condition de judoka est précaire, est-ce pour cela que vous menez des études en parallèle?
La
carrière d’un sportif de pointe n’est pas infinie. Je prépare un
préalable en sciences sociales et politiques. Ensuite je pense faire
relations internationales à Genève ou droit à Lausanne. Je souhaite
être bien armé pour mon futur.
Renouveau amorcé
Pierre
Ochsner place de grands espoirs en Jonathan Jaquet. En tant que
président de la Fédération suisse de judo et ju-jitsu mais aussi à
titre privé.
Les jeunes judokas doivent donner une nouvelle dimension à leur sport. La récente retraite de Sergei Aschwanden laisse de la place à la nouvelle génération qui peinait à grandir.
«Les figures incontournables telles que Sergei et Lena Göldi fédéraient l’ensemble des moyens, au détriment d’autres athlètes de talent», commente Pierre Ochsner.
Son objectif? Reconstituer un cadre national, faire émerger une équipe solide plutôt que des individualités.
Concernant le manque de visibilité du judo, la formation est, selon le président, un élément crucial. «D’excellents professeurs feront les champions de demain et ce sont eux qui font la visibilité et la reconnaissance du public.»
Pierre Ochsner prépare un projet pour que soit reconnu en tant que diplôme de capacité fédéral le métier de professeur de judo. Seul Suisse à avoir passé l’examen de 6e dan, il est un atout indéniable pour le judo helvétique, alliant recherche de la performance, perfectionnement de l’encadrement et volonté de réussite.
(phg)
TRIBUNE DE GENEVE
interviews divers

A l’occasion de la conférence de presse qui faisait suite à la venue de
Teddy Riner au Levallois SC, les différents protagonistes ont commenté
le transfert du champion du monde.
Patrick Balkany (député-maire de Levallois) : « Il faut que Teddy sache qu’ici il rejoint une famille. Généralement, les champions qui nous rejoignent restent au club, même après leur carrière. On ne fait pas un coup, on le soutiendra pendant 4 ans (ndlr : c’est la durée de son contrat) et il pourra compter sur nous tout au long de sa vie. Teddy est une icône du sport français, nous souhaitons qu’il soit le leader de l’équipe de France au Jeux de 2010, voir même son porte-drapeau. »
Jean-Pierre Aubry (Président du LSC omnisport) : « Nous avons commencé les négociations il y a deux mois après que Teddy soit venu nous voir. Nous en avons immédiatement informé les dirigeants du Lagardère Paris Racing. Samedi dernier, dès que Teddy avait donné son accord, j’ai personnellement appelé un représentant du Lagardère Paris Racing. Je tiens à le souligner car cela n’a pas toujours été le cas dans le sens inverse… »
Teddy, dans quel état d’esprit étais-tu au moment de changer de club. As-tu hésité ?
Oui j’ai un peu hésité, mais j’ai beaucoup de copains à Levallois et je
vois que pour eux ça se passe bien, c’est ce qui m’a convaincu.
Qu’est-ce qui n’allait pas au Lagardère Paris Racing ?
Ici j’ai mes copains et il y a plus de monde sur le tapis. Ensuite je
les voyais toujours gagner les championnats de France par équipes et ça
aussi ça m’a donné envi. Si on pouvait gagner la Coupe d’Europe des
clubs se serait vraiment bien.
L’entraînement et la vie d’un judoka passent en grande partie
par l’équipe de France. Qu’est-ce qu’on vient chercher dans un club ?
Le club c’est un plus, on vient chercher un groupe, une ambiance et un
regard différent au niveau du coach et de l’entraînement.
Dans quel état d’esprit abordes-tu ta prochaine compétition, les Jeux Méditerranéens ?
Je suis à cours d’entraînement car j’ai passé le bac et ça m’a pris du
temps. Ce sera donc une compétition de reprise. L’idée c’est de se
remettre en mode compétition, pour voir ce qu’il faut travailler dans
la perspective des championnats du monde. A priori il y a aura
certainement des manques au niveau physique et technique, mais j’y vais
quand même pour gagner.
source : alljudo.net
interviews divers

Judoka 1e division et étudiant en doctorat, le parcours de Mickael
Hilpron a de quoi susciter l’intérêt. Pour alljudo il évoque le sujet
de son doctorat, étroitement lié à son séjour à Tenri (Japon).
Bonjour Mickael, est-ce que tu peux nous retracer ton parcours scolaire et sportif ?
J’ai passé le bac à la Martinique en 2000, avant de rejoindre Orléans
ou j’ai intégré une filière Staps. Durant mon Master j’ai eu
l’occasion, en 2005, de partir un an à Tenri au Japon, où je me suis
entraîné, et ou j’ai étudié le système et le fonctionnement du judo
japonais. A mon retour en France j’ai terminé mon Master et depuis mars
2007, je suis en Doctorat.
Concernant le judo, j’ai été 3e des championnats de France
Universitaires en 2002, 2004 et 2006. Depuis 2007 je me suis qualifié
trois fois de suite pour les championnats de France 1e division en
moins de 73 kg.
Quel est le sujet de ton doctorat ?
J’utilise la méthode ethnographique pour mener une analyse comparative
entre la méthode japonaise et de la méthode française. Il est très
important de préciser que le but n’est pas de hiérarchiser, mais bien
de comparer en faisant ressortir les différences et les points communs.
Justement que ressort-il de cette comparaison entre le système français et le système japonais ?
Tout d’abord, les Japonais fonctionnent avec une culture de groupe. A
Tenri, le premier objectif c’est d’être champion du Japon par équipes,
puis de former des champions en individuel. Former des champions n’est
qu’une conséquence de l’objectif de groupe. Les professeurs comme
Shinohara, Fuji, Hosokawa, qui sont tous d’anciens champions formés à
Tenri, sont imprégnés de cette culture.
En France, contrairement au Japon, nous fonctionnons avec un système
pyramidal, et la démarche est individuelle. Chaque judoka veut avoir
des résultats pour rentrer en Pôle, puis à l’Inef, puis à l’Insep.
Et concernant l’entraînement ?
A Tenri l’entraînement est toujours le même, à savoir 90 minutes de
randori sans pause. Cela peut être 15x6’ ou 13x7’, et parfois les temps
de randoris sont libres, ainsi on peut rester une heure à faire randori
avec le même partenaire. Cela engendre un rythme de combat plus lent,
mais Il y a énormément d’intensité car le combat est moins haché, avec
moins de bagarre sur les mains.
En France les temps de combats sont plus courts, avec de la
récupération, et à l’approche de la compétition, on les raccourci
encore pour augmenter l’intensité.
En ce qui concerne le travail physique (footing, musculation) c’est
assez semblable. Les Japonais se sont beaucoup inspirés de ce que
faisaient les Européens dans ce domaine.
Tu n’as pas évoqué le travail technique ?
Au Japon, il n’y a pas de travail technique tel qu’on le conçoit avec
des explications et des démonstrations. Ils font uchikomi et randori.
Un jour à Tenri, j’ai demandé à Hosokawa Sensei de m’apprendre
o-soto-gari. Il m’a envoyé faire randori avec un combattant qui m’a
projeté trois-quatre fois sur o-soto-gari avec des préparations
différentes. En revanche, lorsqu’ils font uchikomi c’est un vrai
travail technique : la précision et la dimension esthétique du
mouvement sont plus importantes que la vitesse, ils sont très relâchés,
et on sent qu’ils explosent à chaque répétition. En France le travail
d’uchikomi s’apparente plus à travail musculaire, ou les athlètes sont
toujours en contraction.
As-tu pu faire un comparatif au niveau des enfants ?
Non malheureusement je n’ai pas pu le faire, même si j’ai glané
quelques informations. Apparemment ils n’ont pas d’approche
particulière pour les enfants, et la notion même de pédagogie leur est
étrangère.
A l’issue de ta thèse que comptes-tu faire ?
Je souhaite retourner à la Martinique, puis je verrais en fonction des
opportunités. L’un des projets qui me tient à cœur serait d’ouvrir mon
propre club, pour enseigner le judo d’une manière différente de ce qui
existe déjà, pour développer mes propres méthodes.
Ton avenir c’est plutôt le judo ou la recherche ?
Le judo est une recherche, c’est ce qu’exprime le ‘do’ de judo. Au
Japon Hosokawa Sensei ne porte pas la ceinture rouge et blanche car il
dit se sentir élève. Pour lui il y a trois stades dans le judo : faire
avec les autres, c’est l’apprentissage, faire contre les autres, c’est
la compétition, et faire pour les autres c’est l’enseignement. Mon
objectif est de suivre cette évolution.
Mickael tient à remercier le Conseil Régional de la Martinique pour
le soutien qu'il lui prodigue à travers la Bourse Doctorale Régionale
qui lui a été accordée.
cet interview est tiré du site alljudo
interviews divers

Vainqueur à Tallin (EST) du premier World Cup de sa carrière, Nicolas Brisson revient sur sa performance. Interview.
Bonjour Nicolas, est-ce que tu peux nous décrire ton parcours victorieux à Tallinn, ce week-end ?
Au premier tour je prends un Finlandais, je marque yuko sur kataguruma
puis ippon sur uchimata, en deux minutes. Cette première victoire, même
s’il s’agissait d’un adversaire sans référence international, m’a fait
du bien, elle m’a rassuré après deux compétitions où je venais de me
faire sortir au premier tour (Moscou et championnats d’Europe).
Ensuite je rencontre l’Ukrainien Grekov, un très bon judoka, très
expérimenté et triple champion d’Europe. Je l’avais déjà rencontré
quatre fois et il m’avait battu à chaque fois. Je me suis tout de suite
senti bien sur les mains et j’ai fait attention à ne pas me livrer sur
o-soto-gari à gauche car je sentais qu’il m’attendait là-dessus. Je
marque un premier wazari sur morote à droite, une technique que je ne
fais jamais mais que j’avais travaillé cette semaine à l’entraînement,
puis je marque un deuxième wazari sur koshi-guruma.
En demi-finale, je rencontre Bagnoli, un Italien pas très connu, qui
venait de gagner Tunis en remportant tous ses combats par ippon.
Gaucher comme moi, il ne m’a pas trop gêné physiquement mais je me
méfiais de sa vivacité. Je prend shido, puis yuko sur sumi-gaeshi,
avant de marquer un premier wazari sur kataguruma, puis je conclut le
combat en le contrant en o-soto sur o-soto.
En finale, je me retrouve face à Iliadis
qui m’avait déjà battu deux fois, mais à chaque fois dans les derniers
instants du combat. Dès le début je l’ai trouvé encore plus puissant
qu’avant. Dès que je montais ma main gauche, il parvenait à la
descendre et je n’ai jamais pu m’installer. Du coup j’ai essayé de
lancer à une main, mais sans être efficace et je me suis fait
pénaliser. A 50 secondes de la fin, après qu’il ait une nouvelle fois
repoussé ma main gauche, je lance ko-soto-gari en reprise de garde, et
je marque ippon.
J’étais vraiment très, très content. C’est la compétition que l’on rêve
de faire, des ippons sur adversaires forts, et au bout une victoire
dans un World Cup dont le niveau valait bien un Grand Prix voir un
Grand Chelem.
Qu’est-ce qui a changé par rapport à ces dernières semaines et
ces derniers mois durant lesquels tu as parfois eu du mal à t’exprimer
au niveau international ?
J’ai une année très chargée avec mon stage de fin d’études depuis six
mois (ndlr: Nicolas est école de commerce), le judo et, dans les
semaines à venir, la recherche d’un emploi compatible avec le
haut-niveau. Après Moscou, je me suis accordé du repos, j’ai allégé mon
programme d’entraînement. J’ai également modifié la façon de descendre
au poids, maintenant je descends à 89 kg deux jours avant la
compétition, ainsi la veille je peux manger correctement et me libérer
de la contrainte psychologique engendrée par le régime.
Combien de poids perds-tu pour chaque compétition ?
Je perds entre 3 et 4 kilos. Cela n’a bien sûr rien de comparable avec
les moins de 60 kg qui perdent 5-6 kg, mais cela me demande tout de
même des efforts car je suis longiligne et je n’ai pas beaucoup de gras
à perdre. Et puis la répétition régulière des privations est toujours
une contrainte, surtout mentalement.
Les athlètes présents à Tallinn avaient été envoyés par leurs clubs. Est-ce que les clubs avaient également envoyé des coachs ?
Nous étions trois athlètes de l’ACBB, et il y avait deux combattants du
Lagardère Paris Racing, deux de Nice Judo, et un de Sartrouville, mais
seule l’ACBB avait envoyé un coach, Stéphane Brégeon. L’ambiance entre
nous tous a été excellente, nous nous sommes beaucoup parlés, soutenus,
encouragés. C’était très différent de l’ambiance qu’il y a avec
l’équipe de France ou chacun à plus tendance à rester dans son coin.
Les entraîneurs de l’Equipe de France nous mettent une pression
supplémentaire qui, à mon avis n’a pas lieu d’être. Là c’était plus
détendu et ça a bien marché. Je ne me rappelle pas que les Français
aient réussi un aussi bon résultat en tournoi (4 or, 2 argent) au cours
des dernières années.
Quel est ton programme pour les prochaines semaines ?
Je suis un peu surpris de n’avoir été retenu ni pour Rio, ni pour les
Jeux Méditerranéens, ni pour les Universiades. Faute de compétition je
vais me consacrer aux stages, il y en a un juillet, puis la préparation
pour les championnats du monde au mois d’août. Je vais attendre de voir
si je suis sélectionné pour les mondes, sachant que Matthieu Dafreville
est out pour 6 ou 7 mois, car il vient juste de se faire opérer.
cet interview provient du site alljudo
19/05/09
Michel YECHIAZARYAN
MICHEL YEGHIAZARYAN
15/05/09
vainqueur
de la coupe de France cadets en 2007, michel yeghiazaryan évoque son
parcours de judoka, partagé entre France et Arménie.
Bonjour
Michel, tu as combattu pour l’équipe d’Arménie à l’occasion du tournoi
de France juniors, disputé à Lyon le week-end dernier ?
Oui, bien que je sois installé en France depuis trois ans, j’ai
toujours la nationalité arménienne et comme de plus je n’ai pas réussi
de résultat aux championnats de France juniors (9e), j’ai décidé de
participer au tournoi pour l’Arménie. Malheureusement les choses ne se
sont pas passées comme je l’espérais, puisque j’ai perdu au premier
tour face à un Français, Sébastien Delsuc.
Avant ton arrivée en France, il y a trois ans, où et comment t’entraînais-tu ?
Je
m’entraînais au Zeitun Judo Club à Yerevan. C’est un bon club dans
lequel il y avait des internationaux arméniens. En minimes j’ai terminé
7e du championnat d’Arménie et j’ai voulu arrêter le judo, mais mon
entraîneur m’a convaincu que j’avais un potentiel et j’ai démarré
l’année suivante avec beaucoup de motivation. Cette année là je
m’entraînais au club, deux fois par jour : randoris et technique de 16h
à 18h, suivi d’une heure de repos, puis musculation de 19h à 20h30.
J’ai quitté l’Arménie avant la fin de la saison et je n’ai pu
participer ni au championnat d’Arménie, ni à la Coupe de France cadets.
Ton travail a payé l’année suivante …
Oui,
dès mon arrivée à Marseille je me suis inscrit au club de
Peypin-Beaumont, dans un quartier de la ville, où il y a beaucoup
d’Arméniens, et j’ai pu continuer ma progression. J’ai gagné la Coupe
de France cadets 2007, mais du fait de ma nationalité je n’ai pas pu
participer aux stages et aux tournois internationaux avec l’Equipe de
France.
Y-a-t-il des différences entre en l’entraînement en Arménie et l’entraînement en France ?
Ici
j’ai beaucoup progressé techniquement, tandis que là-bas la préparation
est plus physique. L’entraînement se déroule dans les clubs, il n’y a
pas de pôles, pas de structures fédérales, et les rassemblements sont
rares.
A Marseille tu t’entraînes au Pôle France ?
Je
m’entraîne deux fois par semaine au Pôle et trois fois au club avec
Daniel Bentucking. A cela j’essaye d’ajouter une séance hebdomadaire de
musculation et le week-end, généralement, je vais courir.
Quels ont été tes résultats cette saison pour ta deuxième année junior ?
J’ai
gagné les départements, les ligues et les zones. En finale des
championnats de ligue j’ai battu le champion de France Loïc Pietri.
Malheureusement, j’ai raté mes championnats de France, je perds en
quarts de finale, puis en repêchages. Sur les tournois j’ai également
eu des bons résultats avec une 3e place à Sens, et une 5e place à La
Motte-Servolex.
Pour l’année prochaine tu vises le podium national ?
Non,
je vise le titre. J’espère qu’en devenant champion de France cela
facilitera ma demande pour obtenir la nationalité française, que
peut-être des personnes décideront de m’aider, comme cela s’est déjà
produit dans d’autres sports. Mon objectif c’est de faire du
haut-niveau avec l’Equipe de France.
(source : alljudo.net)
INTERVIEWS DIVERS
FERRID KHEDER
(france judo)
je tiens à remercier chaleureusement Ferrid Kheder pour sa visite sur mon blog et son mail sympathique
Les "anciens" de FJ se souviennent probablement des déboires rencontrés
par Ferrid Kheder lorsqu'il préparait les Jeux d'Athènes en 2003 pour
le compte de la Tunisie.
Suite
à une altercation lors d'un entraînement à Aix en Provence, celui qui
avait fait les beaux jours du judo tricolore en -73kg s'était vu
affliger une radiation de 15 ans par la FFJDA !
Ne pouvant plus
alors remettre les "pendules à l'heure" en judo, comme le fera un peu
plus tard par exemple un ancien champion du monde en remportant les
france 1ère Div, il se tourne vers le Mix Martial Arts avec la réussite
que je vous laisse découvrir.
JUDO
champion de France et d’Europe junior
champion de France par équipe (5 fois) avec l USO
champion d’Europe par équipe de nation
3eme aux championnats d’Europe senior
3eme aux championnats du monde FISU
2 fois vainqueur du TIVP
2 fois vainqueur du world master (Allemagne)
7th aux JO de Sydney
MMA PRO : Record 13-4-0 (victoires: 3dec 5 KO et 5 soumissions)
SITE OFFICIEL : WWW.FERRIDKHEDER.COM
A
l’ âge ou la plupart des judokas raccrochent le kimono, tu as fait le
choix de l’aventure et du risque en te fixant de nouveaux défis à
travers la pratique du combat libre, peux tu revenir sur les raisons
qui ont motivé cette décision ?
Tout d’abord j’ai arrêté le judo car je n’avais plus vraiment le choix ...
La fédération française de judo puis celle de Tunisie ne m’ont pas
accordé leur confiance. Je n’étais plus le bienvenu sur les tatamis.
C’est donc suite à cette fin de carrière que j’ai découvert le MMA (je
préfère ce terme à celui de combat libre). Je n’avais pourtant pas
envisagé de devenir pro et d’en faire mon métier ...
J'avais souhaité découvrir le monde du combat car je trouvais ca
fascinant, l’idée de mélanger les styles pour en faire une seule et
même discipline. Puis au fur et à mesure, j’ai compris que le MMA était
le sport qui me correspondait le plus. C’est le sport de combat par
excellence ou l’on cherche la perfection et l’efficacité pour finaliser
son adversaire sans avoir de consignes trop strictes. Chacun peut
adopter un style différent. C’est la richesse de ce sport ...
Suite à mes échecs professionnels (dépôt de bilan de mon entreprise et
difficulté à évoluer dans le milieu du judo suite à ma radiation de 15
ans par la FFJDA), j ai décidé de gagner ma vie en redevenant un
athlète de haut niveau et en me fixant de nouveaux défis dont celui de
devenir un des meilleurs combattants de MMA ...

Quelles sont les difficultés qui ont émaillé ton parcours de combattant dans cette reconversion ?
Sur le plan sportif, le plus dur c’est de recommencer à zéro. Mais j’ai
eu l’humilité et la volonté nécessaire pour reprendre les bases de
cette nouvelle discipline. Ma pratique du judo m’a bien sur aidé à
franchir les étapes plus facilement, mais j’ai du apprendre le sol de
façon rigoureuse et accepter de reconnaitre que le niveau du judo en
newaza est très faible en comparaison à celui du grappling ou du BJJ.
J'ai du aussi adapter mes projections sans les saisies du kimono et ai du découvrir les projections propres à la lutte.
Ensuite, j’ai du apprendre à boxer dans un style de MMA, avec une
approche qui est ni celle de la boxe anglaise ni celle du Kick boxing
ou de la Muay thai.
Sur le plan affectif, j’ai du me reconstruire un entourage avec de nouveaux amis, de nouvelles mentalités etc ...
Aujourd’hui mon statut de combattant professionnel me permet d’avoir un
quasi total contrôle de ma carrière. Je ne dépends plus d’une
fédération étouffante.
Je choisis mon coach, ma team, mes partenaires d’entrainement et je
combats au rythme qu’il me plait. Cette reconversion est une totale
réussite pour l’instant.
Avec
Rameau Thierry Sokoudjou tu es le 2eme judoka a intégrer la Team Quest,
je crois que Thierry te doit son arrivée aux USA avant les JO d Athènes
?
Oui en effet, j’ai été le 2ème judoka après
Thierry Sokoudjou à avoir intégré la TQ. Mais aujourd’hui, je ne fais
plus partie de cette équipe.
Je m’entendais bien avec le groupe, mais le contenu de travail, le
management ne répondaient pas à mes attentes. Depuis un an, je suis à
Victorville (près de Las Vegas) à Cobra kai, le club de Joe Stevenson.
Pour revenir sur l’arrivée de Thierry aux USA, en effet il a été
victime du règlement mis en place par la FFJDA en 2003 juste après mes
3 médailles gagnées lors des 3 Super world cup (bronze a Moscou et
Paris et Or a Hambourg) alors que je combattais pour la Tunisie.
Ce règlement stipulait et peut être stipule toujours, que les étrangers
n’avaient plus accès aux structures françaises pour s’entrainer, en
fait la règle avait été mise en place pour nuire à mon entrainement,
mais les responsables de la FFJDA à l’époque n’ont pas osé me le dire
ouvertement et ont préféré interdire leur structure à tous les
étrangers !
De ce fait, Thierry qui devait préparer les JO en France, est allé aux
USA et ne s’est pas contenté de faire du judo, il a découvert les
plaisirs du MMA et est resté vivre aux USA pour devenir pro.
Aujourd’hui, Thierry me remercie LOL

Quels sont tes points forts et points
faibles dans cette nouvelle discipline et quels avantages tires tu de
ton passé de judoka de niveau ?
Mes points forts
sont les mêmes que ceux que je pouvais exprimer en tant que judoka avec
l’expérience en plus. Je suis dur au mal, sérieux à l’entrainement, j
ai des objectifs élevés, je suis toujours en quête d’efficacité et ma
combativité est sans faille, je n’abdique jamais, je me lève chaque
matin avec l’objectif d’être meilleur. Ensuite j’essaye de gagner
avec la manière, je ne me contente pas de la victoire, je cherche
toujours le KO ou la soumission.
Des points faibles, j’évite d’en avoir, je travaille chaque secteur
(sol, projections et frappes) pour être le plus complet possible. Bien
sur techniquement, j’ai toujours des choses à apprendre, mais je ne
considère pas ça comme un point faible.
Mon passe de judoka de haut niveau m’a appris à être compétiteur, et
m’a appris a m’entrainer énormément pour essayer de réaliser mes
objectifs. Je dirai donc que mon passe de compétiteur international me
sert aujourd’hui. Même si je considère que le judo est plus un jeu
qu’un combat, on reste dans une approche d affrontement.
C est donc avec un bagage non négligeable que j ai commencé ce nouveau sport.
Quel est ton planning d’entraînement et de travail sur une semaine ?
Je m’entraine 6 jours/7 à raison de 2 à 3 fois par jour. Je fais 3
jours de sparring MMA en cage (lundi, mercredi, vendredi), le lundi
avec petits gants pour favoriser les clinch et les projections et les 2
autres jours avec gros gants pour perfectionner les frappes debout et
au sol. Le mardi et Jeudi, je fais du sparring en boxe anglaise avec
des boxeurs pro, ensuite les autres entrainements consistent à
travailler techniquement. En situation de combat soit la lutte soit le
grappling.
Sans opposition, la boxe (pads) et le JJB. En plus de ces séances, je
continue à pratiquer le judo et le JJB avec Kimono car j’envisage de
participer au championnat du monde de Jujitsu brésilien à partir de
cette année.
Ma semaine est consacré à l’entrainement, combattre est mon travail....
Tu viens d’enchainer une série de 8 victoires, peux-tu revenir sur combats les plus marquants en MMA ?
En effet, je suis sur une série de 8 victoires consécutives donc 6
obtenues avant la limite dont 2 KO. Le travail et les sacrifices
commencent à payer. Tous les combats que je fais marquent mes esprits,
mais bien sur ma victoire en janvier dernier contre Drew Fickett, un
combattant de plus de 40 combats pros et 7 fois UFC vétéran reste ma
plus grosse performance.
En plus je lui ai inflige le premier KO de sa carrière.
Comment vois-tu ton avenir de combattants ?
Dans un premier temps, j'envisage de signer un contrat avec une grosse
organisation des cette année, mon manager discute actuellement avec
l'UFC, Strikeforce, Dream, Sengoku et Affliction. Je combattrai ou il
sera le plus intéressant pour moi de combattre sportivement et
financièrement.
J’aimerais combattre en cage plutôt qu’en ring, car je m’y sens plus à
l’aise et comme l’UFC est maintenant diffusé sur RTL 9, il serait peut
être plus intéressant pour moi en tant que français de combattre à l
UFC. Bien sur ma carrière se fera en lightweight (70.5kg) (actuellement
j’évolue en welterweight (77kg).
Dans un second temps, je vais faire en sorte de bien gérer ma carrière afin de pouvoir être pro encore quelques années.
Quel regard portes-tu sur le judo français à l’heure actuelle ?
Le judo reste le sport que j’ai aimé pendant de longues années et a
été aussi le sport qui m’a le plus détruit. La passion que j’ai eu pour
le judo était trop forte. Aujourd’hui j’ai pris du recul et je regarde
le judo sans toute cette passion, donc je me sens bien moins concerné
par ce milieu.
Je suis les grands rdv, en particulier le parcours des combattants que
je connais mais je ne porte plus aucun intérêt au fonctionnement de la
FFJDA.
J’aime regarder les sportifs pas les politiciens....
Si c’était à refaire ?
Je ne suis pas du genre à regretter le passé. Toutes les étapes de ma
vie ont été enrichissantes, même les mauvais moments, j’ai su m’en
servir de façon bénéfique afin d’être plus fort dans ma vie. Grace à
dieu, je suis un homme nouveau et accepte plus facilement les
difficultés.
Des conseils pour les pratiquants tricolores qui voudraient suivre ton chemin professionnel ?
Ne négligez aucune discipline. Le JJB, le judo, la lutte, la boxe, la
muay thai sont les sports que l’on doit pratiquer pour pouvoir ensuite
trouver un style personnel et devenir un combattant complet ...
Après une carrière de haut niveau, avec du courage et un entrainement
intensif, 3 à 5 années de pratique suffisent a envisager d’intégrer une
grosse organisation avec les atouts nécessaires pour battre les
meilleurs...
Le mot de la fin ?
Je tiens à saluer et remercier tout particulièrement mon premier professeur de judo Jacques Galaup qui est un enseignant exceptionnel tant sur le plan humain que sportif ...
Il a su faire de moi un vrai combattant. Que ce soit sur les tatamis,
les cages ou dans ma vie de tous les jours, ses conseils me sont
toujours aussi précieux. Le sport a besoin de personnes comme lui !!!
Ensuite, je souhaite beaucoup de réussite à tous les compétiteurs et
enseignants qui donnent le meilleur d’eux mêmes chaque jour.
Merci à tous pour votre soutien. Merci Francejudo.com pour m’avoir accordé cette ITW.
N’hésitez pas a consulter mon site internet www.ferridkheder.com pour rester informé ou me contacter.

Cet article provient de francejudo
http://www.francejudo.com








































































































